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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 18:24

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Culture - Romans et films d'anticipation (science fiction) - (1) utopie et (2) anti-utopie, dystopie ou cacotopie - Quelques films de fiction sur les sociétés futures

 

Antonio Artuso - Reconstruction communiste Canada - 08-12-2013

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Romans et films de fiction, décrivant des sociétés différentes des nôtres, inconnues (île perdue, civilisation souteraine, etc.) ou de l'avenir (technologie, économie, politique, sociaux, différents).

 

Dans ces romans et films d'anticipation (science fiction), des aventures ont lieu.  Certaines de ces oeuvres sont des romans ou des films d'action, qui n'ont aucun autre contenu que l'action; mais d'autres suscitent des réflexions sociales, politiques, philosophiques et peuvent jouer un rôle de conscientisation et être retenues dans l'histoire de la littérature et du cinéma et dans la vie politique.

 

C'est ainsi que dans son conte «Utopia» (1516), Thomas Moore décrit une société de liberté, d'égalité, de fraternité basé sur le partage au moyen d'une organisation sociale idéaliste. Ce conte a suscité la multiplication de textes semblable.  La science fiction s'est développée avec l'industrialisation, surtout dans les périodes de crise, de guerre, d'incertitude face à l'avenir comme la période actuelle.  Les productions littéraires et cinématographiques se divisent maintenant en :

 

- oeuvres utopiques

- oeuvres anti-utopiques ou "dystopiques" ou "cacotopiques" (Voir ces termes dans Wikipédia).

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1ère PARTIE - BREF HISTORIQUE :

 

1516 - Thomas Moore - Conte philosophique «Utopia» - 

 

WIKIPEDIA :

Utopia (le nom complet en latin est De optimo rei publicae statu, deque nova insula Utopia, ou par extense, Libellus vere aureus, nec minus salutaris quam festivus de optimo rei publicae statu, deque nova insula Utopia) est un ouvrage de Thomas More qui a eu un succès particulier en France au xviie siècle et au xviiie siècle.

Le titre est construit d’après une racine grecque signifiant « lieu qui n'est nulle part », οὐ τοπος (ou topos) en grec1.

Bien que Thomas More ne fût pas économiste, mais juristehistorienthéologien et homme politiqueUtopia, qui n'était pas un traité d'économie, mais plutôt une satire de la société de son temps, fut repris au xixe siècle, sans doute par un effet de biais, pour construire des théories économiques (voir Histoire de la pensée économique).

 

Récit

Utopus conquiert Abraxa, terre rattachée au continent, et lui donne son nom. Il humanise « une population grossière et sauvage, [..] pour former un peuple qui surpasse [..] tous les autres en civilisation ». Ensuite, il fait creuser un isthme et la terre d'Abraxa devient une île, l'île d'Utopie. La genèse de l'île est symbolique des intentions d'Utopus; il a voulu en faire un lieu protégé, rebutant les voyageurs par sa difficulté d'accès. Les barrières naturelles mettent l'île à l'abri des influences extérieures. Quant au terme d'Abraxa, il n'est pas insignifiant : il désigne la ville des fous dans l'Éloge de la Folie de son ami Érasme. Désormais l'Utopie sera régie par les mathématiques, pure manifestation de l'intelligible. Dans l'île, tout est mesurable parce que le nombre seul garantit l'égalité. Par exemple, toutes les rues de la ville d'Amaurote mesurent 6,5 mètres de largeur. Sur l'île, la propriété privée est inconnue, les Utopistes travaillent six heures par jour et prennent leur repas en commun. Le temps libre est consacré à des loisirs comme les échecs ou l'apprentissage des belles lettres.

Le conte philosophique «Utopia» a donné naissance à plusieurs oeuvres littéraires et plus tard à de très nombreux films :

 

1721 - Montesquieu - roman épistolaire «Les lettres persanes»

 

Wikipédia :

Les Lettres persanes est un roman épistolaire de Montesquieu rassemblant la correspondance fictive échangée entre deux voyageurs persans, Usbek et Rica, et leurs amis respectifs restés en Perse. Leur séjour à l’étranger dure huit ans.

Au xviiie siècle, l’Orient et le goût des voyages sont à la mode. Cependant, le roman fut publié au printemps 1721 à Amsterdam, et Montesquieu, par prudence, n’avoua pas qu’il en était l’auteur. Selon lui, le recueil était anonyme, et il se présentait comme simple traducteur, ce qui lui permettait de critiquer la société française sans risquer la censure.

Résumé[modifier | modifier le code]

 

En 1712, Usbek, un philosophe persan, quitte Ispahan pour entreprendre, accompagné de son ami Rica, un long voyage en Europe jusqu’à Paris. Il laisse derrière lui les cinq épouses de son sérail (Zachi, Zéphis, Fatmé, Zélis, et Roxane) aux soins d’un certain nombre d’eunuques noirs. En tenant, au cours de leur voyage et de leur séjour prolongé à Paris (1712-1720), une correspondance avec des amis rencontrés dans les pays traversés et des mollahs, il dépeint d’un œil faussement naïf – celui qu’une civilisation lointaine pourrait porter sur l’Occident, réduit dès lors lui-même à quelques contrées exotiques – les mœurs, les conditions et la vie de la société française au xviiie siècle, la politique en particulier, se terminant par une satire mordante du système de Law. Au fil du temps, divers troubles font surface dans le sérail et, à partir de 1717 (lettre 139 [147]), la situation se détériore : lorsque Usbek ordonne au chef de seseunuques de sévir, son message arrive trop tard et une révolte entraîne la mort de ses épouses, y compris le suicide par vengeance de Roxane, sa favorite et, semble-t-il, de la plupart des eunuques.

 

1721 - «Les voyages de Guliver»

Les Voyages de Gulliver (en anglais Gulliver’s Travels) est un roman satirique écrit par Jonathan Swift en 1721. Une version censurée et modifiée par son éditeur paraît pour la première fois en 1726 ; ce n’est qu’en 1735 qu’il paraîtra en version complète. Il apparaît pour la première fois en français sous le titre Voyages du capitaine Lemuel Gulliver au xviiie siècle, par l’abbé Desfontaines.

Ces récits, très riches, mêlent, en les relativisant, critique et raison, folie et pamphlet, fantastique et science-fiction. En ce sens, Swift amorce l’ère des Lumières anglaise et précède Oscar WildeLewis Carroll, mais aussi Edgar Allan Poe.

 

Le contexte

 

En 1726, Swift commence Les Voyages de Gulliver. marque un sommet de la satire sociale et politique au travers d’éléments mêlant, sur le mode du pamphlet ou de la description narrative, de la philosophie, de la logique, du fantastiqueet de la science-fiction.

Le roman a été écrit par Swift après le krach de 1720. Il avait acheté des actions de la Compagnie des mers du Sud pour 1 000 livres. La spéculation avait fait passer la valeur d'une action de 128 livres à 1 050 livres, avant de s'effondrer ruinant bon nombre de commerçants britanniques. Cet accroissement puis cette miniaturisation de la richesse en un temps très court a dû donner à Swift l'idée des changements de taille relative de son personnage principal qui serait une métaphore de ce krach en donnant à Swift l'occasion de se moquer des travers de la société de son temps.

 

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2ème PARTIE - LA SCIENCE FICTION, LA DYSTOPIE À L'ÉPOQUE DE L'IMPÉRIALISME, DE LA MONTÉE DU FASCISME ET DES GUERRES CONSTANTES :

 

L'impérialisme, stade suprême du capitalisme, est né en 1890 de la fusion des capitaux industriels et bancaires en un capital unifié, le capital financier des monopoles, État impérialiste obligé d'attaquer, période des crises, du pré-fascisme et du fascisme, et des guerres impérialistes et mondiales.

 

1932 - Aldous Huxley - Roman «Le meilleur des mondes» / «Brave New World» - Alors que le fascisme se développe depuis 1922 en Italie et va s'installer en Allemagne, l'auteur décrit une société dans laquelles la société est totalement planifiée (le fordisme) au moyen de la programmation psychologique des citoyennes et des citoyens à partir de leur développement, au stade d'embryons, dans des incubatrices au moyen de l'inculcation de reflexes conditionnés, à partir des théories tirés des expériences de Pavlov - Mais un individu mal programmé commence à remettre en question cette société.

 

Le Meilleur des mondes (en anglaisBrave New World) est un roman d'anticipation dystopique, écrit en 1931 par Aldous Huxley. Il parait en 1932. Huxley le rédige en quatre mois1 seulement. Vingt-cinq ans plus tard, Huxley publie un essai dédié à ce livre, Retour au meilleur des mondes, insistant notamment sur les évolutions du monde qu'il perçoit comme allant dangereusement vers le monde décrit dans son ouvrage. Le titre original du roman, Brave New World, provient de La Tempête de William Shakespeareacte 5 scène 1. John, le « Sauvage », reprend souvent cette phrase dans le roman (chap. 8, 11, 15). Dans la pièce de Shakespeare la phrase est ironique et la traduction française reprend la même ironie, mais en référence à la littérature française : le « meilleur des mondes possibles » du Candide de Voltaire2[réf. à confirmer].

Le roman a été adapté au cinéma en 1998. Même s'il reprend beaucoup d'éléments, le film présente une histoire assez différente.

 

Résumé 

L'histoire débute à Londres, en l’an 632 de Notre Ford. Dans le monde décrit par l'auteur, l'immense majorité des êtres humains vivent au sein de l'État mondial – seul un nombre limité de sauvages est encore regroupé dans des réserves. Bien que l'enseignement de l'Histoire soit jugé parfaitement inutile dans ce monde, on apprend néanmoins que les sociétés anciennes ont été détruites par un conflit généralisé connu sous le nom de « Guerre de Neuf Ans », unique garde-fou qui aurait eu pour origine tous les aspects de l'individualisme ou de la culture, ardemment combattus par la société.

Dans cette société, la reproduction sexuée telle qu'on la conçoit a totalement disparu ; les êtres humains sont tous créés en laboratoire, les fœtus y évoluent dans des flacons, et sont conditionnés durant leur enfance. Les traitements que subissent les embryons au cours de leur développement déterminent leurs futurs goûts, aptitudes, comportements, en accord avec leur future position dans la hiérarchie sociale. Ainsi, les embryons des castes inférieures reçoivent une dose d'alcool qui entrave leur développement, les réduisant à la taille d'avortons, et sont traumatisés par tout ce qui concerne la nature ou les fleurs. Cette technique permet de résoudre les problèmes liés aux marchés du travail en produisant un nombre précis de personnes pour chaque fonction de la société, nombres déterminés par le service de prédestination.

Une fois enfants, les jeunes humains reçoivent un enseignement hypnopédique qui les conditionne durant leur sommeil, créant une morale commune profondément ancrée dans les subconscients de chacun. Les castes supérieures apprennent ainsi à mépriser les castes inférieures tout en sachant leur nécessité. Plus précisément, la société est séparée en cinq castes : (...)

 

1948 - George Orwell - Roman «1984» - Description d'une société totalitaire, par un auteur trotskiste, qui dénonce en fait la société soviétique.

 

Les romans et les films de science fiction (aventures et description de sociétés futures) se multiplient de nos jours.

 

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3ème PARTIE - LE CINÉMA - SCIENCE FICTION ET DYSTOPIE :

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Nous commencerons par suivre le contenu de la vidéo «Top 10 Dystopian Movie Futures»http://www.youtube.com/watch?v=heAVOA8iyCw , qui présente 10 films de science fiction dystopique à partir de «Métropolis» de Fritz Lang (1927) :

 

-10 - «Métropolis» - Fritz Lang - Allemagne - 1927 (5 ans après l'installation du fascisme en Italie et période de montée du fascisme en Allemagne) - Société

 

-9- «Idiocracy» - 2006 - Dans cette société, ce sont des abrutis (morons) qui dirigent le pays.  L'abrutissement des masses y est total : consumérisme, aliénation, ignorance.  Invraissemblances : le gouvernement est dirigé par des personnes du ghetto noir, le président est un lutteur de catch,  Ce film pour adolescents et adultes peu conscients, est une critique ultra-simpliste, aucune réflexion sociale, qui a un effet contraire : il encourage le cynisme, le je-m'en-foutisme, le refus de militanter pour changer la société.  Conclusion que donne ce film : les choses sont ainsi, on ne peut rien changer - «If you cannot change them, join them!» (si vous ne pouvez pas les changer, faites comme eux). Tout le monde le fait, faites-le donc!)

 

-8- «Surrogates» - 2009 - Les gens, branchés au moyen de machines à des humanoïdes, peuvent vivre des aventures sans danger d'accidents ou de mort.  Vivant par procuration, ils sont devenus des produits, n'ont plus d'inter-réactions et sont totalement dépourvus d'empathie, de compassion, de sentiments, de compréhension envers les autres.  Film pouvant être intéressant et porter à réflechir.

 

-7- «Minority Report» - 2002 (un an après le 11 sept. 2001) - L'État attaque préventivement toute personnes qui se prépare à commettre un acte criminel ou terroriste.  Il base ses attaques sur des informations fournies par trois médiums de l'État, qui, par télépathie, identifient les personnes qui comptent commettre un crime.  La police est constituée de forces semblables aux «SWAT Teams» (Special Weapons and Tactics), équipes, hautemente entrainées pour combattre les criminels très dangeureux.  La police intervient avec la violence, un déploiement et des armes caractéristiques des équipes SWAT des États-Unis et du monde entier.  Nous sommes au 21ème siècle, où l'État attaque préventivement, sans aucune preuve, les personnes ou les pays qui, selon lui, "comptent" commettre des crimes.

 

-6- «Blade Runner» - 1982 - La violence de la société et de l'État font en sorte que des groupes de personnes migrent vers des colonies distantes pour y vivre.

 

-5- «The Hunger Games» - 2012 - La nourriture est devenue rare.  Les gens se sont regroupés dans des colonies.  Certaines personnes doivent apprendre à chasser à l'arc pour nourrir la communauté.  Chaque année, chaque communautés doit désigner un champion qui la représentera.  Des combats sont organisés entre champions représentants des communautés.  Un seul doit survivre.  Sa communauté aura de la nourriture de l'État.

 

 

-4- «Gattaca» - 1997 - Société où la technologie reproductive est très développée et où l'État prélève des échantillons des gènes (DNA) des nouveaux-nés pour établir leur profil,  «J'ai lu votre profil et je suis désolée de ne pas vous engager dans notre entreprise».

 

-3- «Farenheit 451» - 1966 - Basé sur le roman de Ray Bradbury - Société où l'État dispose d'un corps d'officiers, qui ressemblent à des pompiers, mais chargés de brûler les livres, pour éviter toute pensée et toute opposition des citoyennes/ens.  Les gens, dans leurs loisirs, assistent aux émission de jeux et aux autres divertissements semblables que donne la télévision.  Mais une communauté clandestine, celle des «personnes-livres», constituée de personnes qui apprennent, chacune, un livre par coeur dans leur vie, et le répètent aux personnes qui veulent les entendre.  «Bonjour, je suis «Les Frères Karamazov» de Dostoïevski»; «Enchanté!  Je suis «La Peste» de Camus».

 

-2- «Soylent Green» (Soleil vert) - 1973 - après le roman de Harry Harrison

 

L'action du film se déroule en l'an 2022. New York baigne alors dans une étrange lumière jaune, qui a détruit la faune et la flore. Très peu de terres sont encore cultivables et les habitants qui n'ont pas les moyens d'acheter des aliments naturels, à cause de prix exorbitants, mangent un aliment de synthèse, produit par la multinationale « Soylent » : le soylent green (contraction de « soybean-lentil » soit « lentille de soja »). Des émeutes de citoyens affamés sont fréquentes et sévèrement réprimées.

Thorn, un policier « de premier ordre », vit avec son ami Sol Roth, un vieillard, dans un petit appartement new-yorkais. Sol peste contre l'état du monde et a la nostalgie du passé tandis que Thorn se contente des seules choses qu'il a connues, à savoir la nourriture synthétique et la canicule perpétuelle.

Dans le même temps, William Simonson, un des dirigeants de la société agroalimentaire Soylent, est tué chez lui ; Thorn est chargé de l'enquête et découvre que ce meurtre qui semblait passer pour un crime crapuleux se révèle en fait être un assassinat pour l'empêcher de révéler un terrible secret. Thorn va découvrir que le garde du corps de Simonson, Tab Fielding, est complice car il était absent au moment du meurtre.

Puisque le garde du corps est propriétaire d'un bel appartement mais aussi parce qu'il a les moyens d'acheter de la nourriture naturelle, telle que de la confiture, les soupçons du policier sont éveillés. Thorn se révélant trop curieux, Donovan, l'homme chargé de la sécurité de l'État, décide de le supprimer par l'intermédiaire de son tueur à gage, Gilbert, qui se révèle être également l'assassin de Simonson.

Profitant d'une émeute due à l'épuisement des stocks de nourriture, Gilbert tente de tuer Thorn en lui tirant dessus mais échoue par deux fois, tant la foule est dense. Thorn finit par maîtriser Gilbert et l'envoie sous une dégageuse, sorte de camion-benne ramassant les émeutiers et les vidant dans la benne, afin de canaliser l'émeute.

Pendant ce temps, Sol se rend à l'Échange, bibliothèque où se réunissent les gens instruits et apprend que Simonson a été assassiné parce qu'il a été jugé inapte à conserver un secret ; en apprenant ce secret, Sol décide d'aller au Foyer, endroit où l'on se fait euthanasier. Thorn arrive trop tard pour l'en empêcher mais découvre ce qu'était le passé, des paysages magnifiques, la vie sauvage, la beauté de la nature.

Sol lui demande de trouver une preuve de ce qui se passe ; Thorn se glisse dans un camion emmenant les cadavres à l'extérieur de la ville et découvre que le « Soleil vert » est fabriqué à partir de cadavres humains. Cet aliment est, dans le discours officiel, fabriqué à partir de planctons, mais en réalité il n'y en a plus, ce qu'avait pressenti Sol. Pourchassé par les tueurs au service de l'État dont Tab Fielding, il n'a pas le temps de révéler ce qu'il sait à l'Échange mais tout en étant sérieusement blessé, il parvient à prévenir son supérieur et le supplie de tout révéler.

Mais alors que les services hospitaliers l’emmènent, Thorn persévère à révéler le secret à qui pourra l'entendre, pressentant qu'il sera éliminé…

Contexte[modifier | modifier le code]

 

Soleil vert, comme 2001, l'Odyssée de l'espace, Orange mécanique, Fahrenheit 451 ou THX 1138, fait partie de ces films d'anticipation « intellectuels », prophétiques, inspirés par un avenir lourd de menaces, en l'occurrence celle de la surpopulation et de l'épuisement des ressources naturelles. Soleil vert est, lui aussi, devenu un classique et, de surcroît l'un des films d'anticipation les plus sombres jamais réalisés. Il exprime parfaitement la peur, selon les mots de Krishnamurti, de « vivre dans un monde semblable à la mort »1.

Le titre anglais Soylent Green, bizarrement traduit par « Soleil vert » (peut-être un écho de greenhouse effect, effet de serre, alors que « Soylent » est la contraction de « soybean-lentil » soit « lentille de soja »), est le nom d'une multinationale imaginaire, la « Soylent Company », géant agro-alimentaire produisant des pastilles vitaminées sans goût ni texture, métaphore répugnante d'un progrès sans joie. Elle vient, au début du film, de lancer un nouvel « alicament », le Soylent « green », censé être à base d'algues.

Soylent green est tiré d'un roman peu connu de Harry Harrison, publié en 19662: Make room, make room, (en français : « Dégagez, faites de la place ! » ; voir Soleil vert, le roman) qui décrit un New York surpeuplé où s'entassent des millions de chômeurs, où les automobiles ne roulent plus et où règnent le rationnement et la violence. L'action se situe non pas en 2022, mais en 1999. Cette date paraissait assez lointaine en 1966 pour être crédible.

Make room, make room! diffère sensiblement du film. Le thème en est centré sur le risque d'explosion démographique, encore porteur à une époque où la dénatalité n'a pas encore remplacé le baby boom (boum des naissances de l'après-Seconde Guerre mondiale), et où l'opinion conservatrice (aux États-Unis) s'oppose au contrôle des naissances pour des raisons principalement religieuses. Le sujet était débattu à l'époque : la pilule va apparaître massivement comme moyen contraceptif et les pays en voie de développement sont encore loin de montrer le moindre signe de décollage économique : l'entassement, le manque de place (Make room!) menacent donc au Nord comme au Sud. Par ailleurs, la violence urbaine fait son apparition. Enfin une nouvelle culture est en train de naître dans le quartier bohème de San Francisco, résolument anti-industrielle : les hippies. C'est dans ce contexte que naît Make room, make room!, un récit moins écologiste que malthusien. Make room make room! était un plaidoyer appuyé en faveur de la contraception et du contrôle des naissances, s'en prenant clairement aux églises et aux conservateurs3

Le film en revanche est tourné en 1973. Une décennie plus tard, l'air du temps a changé. Le thème de l'explosion démographique, qui s'éloigne dans les pays industrialisés, passe désormais, sans disparaître complètement, derrière une nouvelle peur millénariste : la destruction de l'environnement et la raréfaction des matières premières (le premier choc pétrolier a eu lieu). La pollution devient un thème récurrent dans l'actualité, les partis et groupes de pression écologistes s'organisent. Les premiers producteurs de produits biologiques critiquent l'agriculture intensive, le club de Rome vient de sortir le rapport Meadows (1972) Halte à la croissance ?, puis Sortir de l'ère du gaspillage : demain ; enfin un essai terrifiant du sociologue britannique Gordon Rattray Taylor, Le Jugement dernier (Calmann Levy, Paris, 1970) annonce la fin du monde si rien n'est fait pour inverser les tendances. Soleil vert arrive donc, commercialement, dans un contexte idéal.

Pourtant, comme souvent à Hollywood, Soleil vert a failli ne pas se faire. La MGM n'aime pas le scénario de départ, la seule utilisation du thème de la surpopulation leur paraît insuffisante : c'est une bonne idée, mais il faut rendre le film plus frappant. Harry Harrisson devra donc batailler pour éviter la dénaturation de son œuvre, puis reconnaîtra plus tard que les idées « imposées par le studio », étaient excellentes : à la surpopulation seront donc ajoutées l'euthanasie des vieillards, puis une idée encore plus terrifiante : les tablettes vitaminées (le pain synthétique Soylent green) s'avèrent faites à partir de cadavres (industrialisation du cannibalisme) au lieu de plancton (« l'océan agonise, hurle Charlton Heston, le plancton a cessé d'exister ») ; et surtout sera créée (presque au dernier moment, avec des stock-shots choisis par le monteur du film) la scène la plus célèbre, où E.G. Robinson, avant d'être euthanasié, se voit montrer, dans un endroit qui fait penser aux dômes IMAX d'aujourd'hui, des documentaires animaliers, des films sous-marins, des paysages naturels magnifiques, images banales mais qui, après deux heures de plans généraux d'un New York à aspect de bidonville, baignant dans un smog jaunâtre, agité d'émeutes dégagées au bulldozer, prennent une tonalité bouleversante : le spectateur comprend que tout cela n'existe plus, a été détruit par la pollution et l'empoisonnement planétaire qui en résulte. Le film décrit en outre des politiciens corrompus, des capitalistes cyniques et des scènes d'émeute qui, de façon subliminale, évoquent des images de camps de concentration. Richard Fleischer avait d'ailleurs déjà réalisé le Génie du mal, avec Orson Welles, film contre la peine de mort.

C'est encore Harry Harrison qui conseillera la réalisation du « main title » saisissant, qui montre en accéléré l'essor de la société industrielle moderne du xixe siècle à nos jours et au-delà, par un montage de photos fixes, et son effondrement au xxie siècle. Le film est bien plus compréhensible grâce à cette introduction servie par une musique de Fred Myrow, sorte de blues symphonique à la Lalo Schifrin.

 

-1- «Logan's Run» - 1976 - Société où l'État implante un chronomètre dans la main de chaque personne.  La personne est détruite à la fin du temps accordé.
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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 18:03

Audio : La version non-censurée de la chanson «Le déserteur» de Boris Vian, chantée par Marc Robine

 

Illustrations : «Los Desastres de la Guerra» - Colección de Ochenta láminas inventadas y grabadas por Don Francisco Goya - Publicola la Real Academía de Nobles Artes de San Fernando - Madrid, 1863


http://www.youtube.com/watch?v=DTfh2sMUWfg

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 22:45

http://www.youtube.com/watch?v=XDd64suDz1A

 

Mise en ligne le 21 avril 2009

Refers to the violent deaths of 20 people, 11 of them children, during an attack by the Colorado National Guard on a tent colony of 1,200 striking coal miners and their families in Ludlow, Colorado on April 20, 1914

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 22:30

Audio - «L'Internationale», hymne international des travailleurs

paroles d'Eugène Pottier (1871) et musique de Pierre Degeyter (1988)

Chanté par le «Groupe 17», France, années 1970

 les paroles furent écrites en 1871 par Eugène Pottier et la musique composée par Pierre Degeyter en 1888

VOIR LA STROPHE ANTI-RÉVISIONNISTE AJOUTÉE APRÈS MAI 1968

 

http://www.youtube.com/watch?v=TDlH7_3YvCE

 

L'INTERNATIONALE

Couplet 1 :
Debout ! les damnés de la terre !
Debout ! les forçats de la faim !
La raison tonne en son cratère,
C’est l’éruption de la fin.
Du passé faisons table rase,
Foule esclave, debout ! debout !
Le monde va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout !

Refrain : (2 fois sur deux airs différents)
C’est la lutte finale
Groupons-nous, et demain,
L’Internationale,
Sera le genre humain.

Couplet 2 :
Il n’est pas de sauveurs suprêmes,
Ni Dieu, ni César, ni tribun,
Producteurs sauvons-nous nous-mêmes !
Décrétons le salut commun !
Pour que le voleur rende gorge,
Pour tirer l’esprit du cachot,
Soufflons nous-mêmes notre forge,
Battons le fer quand il est chaud !

Refrain

Couplet 3 :
L’État comprime et la loi triche,
L’impôt saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s’impose au riche,
Le droit du pauvre est un mot creux.
C’est assez languir en tutelle,
L’égalité veut d’autres lois :
« Pas de droits sans devoirs, dit-elle,
Égaux, pas de devoirs sans droits ! »

Refrain

Couplet 4 :
Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail,
Ont-ils jamais fait autre chose,
Que dévaliser le travail ?
Dans les coffres-forts de la bande,
Ce qu’il a créé s’est fondu.
En décrétant qu’on le lui rende,
Le peuple ne veut que son dû.

Refrain

Couplet 5 :
Les Rois nous saoûlaient de fumées,
Paix entre nous, guerre aux tyrans !
Appliquons la grève aux armées,
Crosse en l’air et rompons les rangs !
S’ils s’obstinent, ces cannibales,
À faire de nous des héros,
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.

Refrain

Couplet 6 :
Ouvriers, Paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs ;
La terre n’appartient qu’aux hommes,
L'oisif ira loger ailleurs.
Combien de nos chairs se repaissent !
Mais si les corbeaux, les vautours,
Un de ces matins disparaissent,
Le soleil brillera toujours !

Refrain

STROPHE ANTI-RÉVISIONNISTE AJOUTÉE APRÈS MAI 1968

Ouvre bien les yeux camarade

Et vois où sont les renégats

Sors du brouillard de cette rade

Rejoints tes frères de combat

Crie : «À bas le révisionnisme,

À bas les mystificateurs,

Vive le marxisme-léninisme

Notre idéal libérateur

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 22:22

 

Audio - «À l'appel du grand Lénine» - Chant des partisans soviétiques de l'Amour - Groupe 17, France, années 1970

 

http://www.youtube.com/watch?v=vmdldp6OgcI

 

 

Mise en ligne le 18 sept. 2011

Les Partisans est un chant traditionnel soviétique. Bien qu'écrit assez longtemps avant la Seconde Guerre mondiale, ce chant fut très utilisé par l'Armée rouge lors de cette guerre. Il est issu du Chant des partisans de l'Amour.

Paroles

Par le froid et la famine
Dans les villes et dans les champs
À l'appel du grand Lénine (bis)
Se levaient les partisans.

Pour reprendre le rivage
Le dernier rempart des blancs
Par les monts et par les plaines
S'avançaient les partisans. (bis)

Notre paix, c'est leur conquête
Car en mil neuf cent dix-sept
Sous les neiges et les tempêtes
Ils sauvèrent les Soviets. (bis)

Écrasant les armées blanches
Et chassant les atamans
Ils finirent leur campagne
Sur les bords de l'Océan. (bis)

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 22:12

Audio - «La semaine sanglante», album «Autour de la Commune», chants sur la Commune de Paris (1871), première dictature du Prolétariat, massacrée par l'État bourgeois

Chanteur : Marc Ogeret - France, années 1970

 

http://www.youtube.com/watch?v=djuLvrGSFiI&list=PL8E9B1F5770563606

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 22:01

Audio - «Le Chant des Martyrs», en mémoire des révolutionnaires russes de 1905, chanté par le «Groupe 17», France, années 1970

 

Unsterbliche Opfer - (Französisch)

 

http://www.youtube.com/watch?v=7kNKkF2xoBM

 

 

Mise en ligne le 29 mars 2011

http://www.kampflieder.de
- Das Archiv der Arbeiterbewegung.
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Vous êtes tombés pour tous ceux qui ont faim,
Tous ceux qu'on méprise et opprime,
De votre pitié pour vos frères humains,
Martyrs et victimes sublimes.

Mais l'heure a sonné et le peuple vainqueur
S'étire, respire, prospère.
Adieu, camarades, adieu, nobles cњurs,
Adieu, les plus nobles des frères.

Pour prix de vos peines, la peine de mort,
Ou bien la prison pour la vie,
Du bruit de vos chaînes sont pleines encore
Les plaines de Sibérie.

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 21:35

Video - Song "Which Side Are You On?" - Almanac Singers - on the United Mine Workers struggle in Harlan County, Kentucky (1931)

Mise en ligne le 7 nov. 2011

 

Song written by Florence Reece in 1931. She was the wife of Sam Reece, a union organizer for the United Mine Workers in Harlan County, Kentucky. In 1931, the miners of that region were locked in a bitter and violent struggle with the mine owners. In an attempt to intimidate the Reece family, Sheriff J. H. Blair and his men (hired by the mining company) illegally entered the Reece family home in search of Sam Reece. Sam had been warned in advance and escaped, but Florence and their children were terrorized in his place. That night, after the men had gone, Florence wrote the lyrics to "Which Side Are You On?" on a calendar that hung in the kitchen of her home.

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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 21:56

Chanson : «Ils ont partagé le monde, plus rien ne m’étonne», de Tiken Jah Fakoly

Côte d’Ivoire – 2012 - http://www.youtube.com/watch?v=fpaujog0SAw&feature=related

 

Ils ont partagé le monde, plus rien ne m'étonne (3 fois) [bis]

Si tu me laisse la Tchétchénie, moi je te laisse l'Arménie

Si tu me laisse l'Afghanistan, moi je te laisse le Pakistan

Si tu ne quittes pas Haïti, moi je t'embarque pour Bangui

Si tu m'aide à bombarder l’Irak, moi je t’arrange le Kurdistan

 

Ils ont partagé le monde, plus rien ne m'étonne (3 fois) [bis]

Si tu laisses l'uranium, moi je te laisse l'aluminium

Si tu me laisses tes gisements, moi je t’aide à chasser les talibans

Si tu me donnes beaucoup de blé, moi je fais la guerre à tes côtés

Si tu me laisses chercher ton or, moi je t'aide à mettre le général dehors

 

Ils ont partagé le monde, plus rien ne m'étonne (3 fois) [bis]

 

[Musique]

 

Ils ont partagé Africa sans nous consulter, ils s'étonnent que nous soyons désunis

 Une partie de l’empire mandingue se trouva chez les Wolofs;

Une partie de l’empire mossi se trouva dans le Ghana;

Une partie de l’empire soussou se trouva dans l’empire mandingue;

Une partie de l’empire mandingue se trouva chez les Mossi

 

Ils ont partagé Africa sans nous consulter, sans nous demander,

Aïe! Aïe! Aïe! sans nous aviser

Ils ont partagé le monde, plus rien ne m'étonne (3 fois) [3 fois]■

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Texte publié dans «L'Étoile du Nord», édition en français de Northstar Compass, l'organe du Conseil international pour l'amitié et la solidarité avec les peuples soviétiques - www.northstarcompass.org - Volume 10, numéro 2 - Mai / Juin 2012

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